Vous êtes en 1890 à Paris, et vous voulez sortir de la capitale. Où pouvez-vous aller ?

Depuis seulement les années 1870, il existe un réseau de chemins de fer assez développé pour parcourir la plupart de la France, reliant les grandes villes françaises entre elles. Certes, il faut encore 14 heures de train pour rejoindre Paris à Marseille en 1893 mais c’est déjà beaucoup mieux que les 80 heures en malle-poste pour le même trajet dans les années 1830 ! Mais vous pouvez aussi vous rendre à Deauville au bord de la mer en moins de trois heures. Facile dans ces conditions-là d’aller passer quelques jours, voire un week-end à la mer - à condition bien sûr de faire partie des classes privilégiées !


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Camille Pissarro
Lordship Lane Station, Dulwich, 1873
Oil on canvas


L’arrivée du chemin de fer est une véritable révolution dans le monde des transports et dans les habitudes nouvelles des Français, permettant au commerce et aux industries mais aussi au tourisme de croître à grande vitesse. Même les gares deviennent vite des objets courants de la vie quotidienne comme en témoignent les tableaux de Monet qui dépeignent la Gare de Saint-Lazare à Paris dans les années 1870. Pissarro en fait de même en 1871 dans son tableau Lordship Lane station, Dulwich où le train semble véritablement s’avancer vers le spectateur. Pour le peintre, la gare et le train sont des motifs idéaux pour représenter les effets changeant de la lumière, la mobilité du sujet, les nuages de vapeur et la modernité. L’arrivée des locomotives à vapeur pour le réseau ferroviaire, mais aussi de la machine à vapeur en mer au dix-neuvième siècle permet le perfectionnement et l’expansion aussi des voies maritimes également. Les nouveaux ports (à Marseille par exemple) ainsi que l’ouverture du canal de Suez en 1869 encouragent les plus téméraires à voyager plus loin et plus vite de par le monde.

Il faudra attendre le début du vingtième siècle pour que les premiers avions et les premières voitures apparaissent, mais l’amélioration des charrettes et des voitures à cheval permettent aussi aux habitants des villes du dix-neuvième siècle de circuler plus rapidement et plus fréquemment hors des murs de la ville.

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Claude Monet                                                                   Georges Seurat
Autumn effect at Argenteuil, 1873                                        The Bridge at Courbevoie, 1886-87
Oil on canvas                                                                   Oil on canvas       
                                  

 

Partir de Paris à la journée, est désormais facile ce qui permet à Monet de peindre Autumn effect at Argenteuil en 1873 par exemple. Cette ville est une banlieue de Paris ; elle est reliée à la capitale en 1832 par un pont sur la Seine et en 1851 avec l’arrivée du train, elle est rapidement " annexée " dans les années suivantes pour devenir une ville quasiment industrielle et ouvrière à la fin du siècle. Courbevoie, immortalisée par Seurat dans Bridge at Courbevoie, connaît le même sort avec une population qui se multiplie par 15 au cours du dix-neuvième siècle.  

Une sortie du Dimanche en famille est monnaie courante pour les Parisiens qui comme dans le tableau de Pissarro, Festival at l’Hermitage , (1876-78) se rendent dans la campagne aux alentours de Paris pour profiter d’une journée de festival local.

Pouvoir explorer plus vite et plus loin permet aux artistes avides de nouveaux paysages d’ouvrir leur horizon artistique, d’affiner leurs techniques et d’expérimenter avec de nouveaux panoramas. Découvrant le soleil du sud de la France, Monet peint Antibes en 1888. La mer azur (qui a d’ailleurs donné son nom à cette région de France, la Côte d’Azur) ainsi que les touches rosesqui illuminent les montagnes de l’Esterel au fond du paysage, reflètent parfaitement les contrastes chauds, colorés et typiquement méditerranéens de cette région.


monet antibes icon Claude Monet
Antibes
, 1886
Oil on canvas

En 1886, Van Gogh s’installe à Paris puis dans le sud de la France, en Arles à partir de 1888. La découverte des milieux artistiques parisiens puis des couleurs de la Provence transforment radicalement son art : comme on peut le voir dans sa peinture minutieuse, aux touches pourtant épaisses des vergers de pêchers en fleur dans Peach Trees in blossom. En 1888, Gauguin écume la Bretagne puis rejoint Van Gogh à Arles avant de s’exiler en 1891 à Tahiti, où il mourra en 1903.

 

Les paysages tahitiens de Gauguin sont fortement empreints des couleurs pures aux teintes roses, oranges, bleues et vertes de l’île exotique. S’inspirant aussi de l’art natif de la Polynésie, Gauguin incorpore des formes plus simples et plus géométriques dans ses toiles comme on peut le voir dans les motifs décoratifs entourant la jeune femme nue dans Nevermore ou encore dans Te Reriora.

Enfin, Cézanne, qui pourtant n’aime pas quitter son Aix-en-Provence natale, apprend beaucoup de ses quelques années passées à Paris où il découvre la technique impressionniste comme on peut le voir dans Etang des sœurs, Osny, near Pontoise de 1875.

Plus tard dans sa vie, lors de vacances à Annecy en 1896, il s’attaque aux couleurs froides et foncées du Lac d’Annecy en y intégrant les formes géométriques, spectaculaires et montagneuses du paysage. 


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